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L’investissement dans les mesures adaptatives pour les étudiants en situation de handicap

Dans un article du Journal de Montréal en date du 3 mai intitulé Les « enfants Ritalin » à l’université, Daphnée Dion-Viens nous présente de façon tendancieuse la situation des étudiants ayant un trouble d’apprentissage. Étant donné que plusieurs préjugés y sont véhiculés à l’encontre de ces étudiants, l’AQEIPS, l’Association québécoise des étudiants ayant des incapacités au postsecondaire, se doit de répondre et d’apporter certaines nuances.

D’entrée de jeu, nous devons dire que les étudiants ayant des troubles d’apprentissage ou un trouble du déficit de l’attention sont une clientèle considérée comme émergente. Les raisons sont simples; c’est l’action combinée des mesures adaptatives (pédagogie différenciée, logiciels spécialisés) et des services de soutien (éducateurs spécialisés, orthopédagogues, conseillers pédagogiques), au primaire comme au secondaire, qui ont permis à ces élèves de se choisir une carrière en allant au cégep, à l’université ou dans une école professionnelle. Autrement dit, on ne considère plus ces élèves comme incapables de compléter une formation scolaire.

Les mesures adaptatives durant les études post-secondaires sont donc une suite logique des innovations en éducation au niveau primaire et secondaire. À ce propos, les preneurs de notes payés aux clientèles émergentes ont été dépeints comme potentiellement problématiques dans l’article. En effet, on présente cette mesure adaptative comme étant moins valide que d’autres. Pourtant, remet-on en question la pertinence des interprètes pour les malentendants? Non, pas plus que l’on remet en doute l’installation de rampes d’accès. Cela tient au caractère visible de ces handicaps. En effet, le caractère invisible de certains handicaps a longtemps découragé les élèves ayant des besoins particuliers d’entreprendre des études supérieures. Il faut d’ailleurs savoir que des mesures reliées à la prise de notes sont aussi présentes dans d’autres provinces canadiennes.

En outre, de plus en plus de professeurs d’université optent pour des méthodes d’apprentissage universelles, comme des notes de cours accessibles par ordinateur, ce qui réduit les besoins d’adaptation. Selon l’Association interuniversitaire québécoise des conseillers aux étudiants en situation de handicap, 8223 étudiants en situation de handicap participaient à des cours en 2013-2014. Ce chiffre est en forte progression depuis 10 ans. Une chose est certaine, plus d’aide et de soutien pour les professeurs seraient bénéfiques. En effet, l’établissement d’enseignement post-secondaire ne doit pas relayer la charge de travail créée par l’arrivée des clientèles émergentes uniquement aux professeurs.

Il serait illusoire de regarder les nouvelles dépenses dans les mesures adaptatives comme de simples coûts, ce sont en réalité des investissements. En effet, autrefois les clientèles émergentes avaient peu d’espoir d’obtenir un diplôme et de décrocher un emploi qui traduisait leur niveau d’habiletés. Ces individus vivaient souvent dans des situations précaires et parfois sur l’aide sociale. Les accommodements sont donc à la base d’un bénéfice social futur. De plus, ces investissements sont la suite logique d’autres investissements faits au primaire et au secondaire. Ne pas les honorer reviendrait à nier le travail qui a déjà été fait.

Par rapport à ce qui advient des étudiants en situation de handicap sur le marché du travail, il est clair que ce dernier ressemble très peu à l’université. Par exemple, les emplois où l’on doit passer trois heures assis à écouter quelqu’un parler en prenant des notes sont plutôt rares. De manière générale, les mesures adaptatives au travail pour les personnes en situation de handicap sont peu coûteuses. Par contre, un des plus grands obstacles auxquels ils feront face demeure les préjugés. La remise en question dans la sphère publique des mesures adaptatives auxquelles ils ont droit durant leur parcours scolaire par des individus dont la connaissance du sujet est pauvre, contribue justement à les perpétuer.

 

L’équipe de l’Association québécoise des étudiants ayant des incapacités au postsecondaire (AQEIPS)

425 Sherbrooke est, bureau 06

Montréal (QC)

H2L 1J9

www.aqeips.qc.ca

www.facebook.com/aqeips

 

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Nous sommes fiers de vous annoncer le nom des récipiendaires dans le cadre du programme de bourse de l’AQEIPS 2014-2015. Cette année, nous avons pu remettre 7 bourses de 700 $.

Voici les noms des récipiendaires :

DEC préuniversitaire : Amanda Lane Papillon

DEC technique : Geneviève Sicard, Desnesha Howell

1er cycle universitaire : Catherine Gallant, Phillippe Ouellet

Cycles supérieurs : Laurent Caron-Castonguay, Marie Crevier

Félicitations à tous les récipiendaires!

Merci à tous pour votre participation! L’équipe de l’AQEIPS

 

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Saviez-vous qu’en tant qu’étudiants en situation de handicap, vous êtes admissibles à une multitude de subventions et de bourses? Voici une liste desdites subventions et bourses, avec les dates butoir et les adresses web où vous pouvez aller chercher toutes les informations dont vous avez besoin.

 

Cliquez ici : Subventions et bourses

Bonne chance!

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