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Consultation sur Zoom avec étudiant.e.s en situation de handicap pour connaître leurs besoins en accessibilité dans les cours à distance avec l’AQEIPS et NEADS – rapport sommaire

Jeudi, 14 mai 2020 – 14 heures

76 participant.e.s

Pour plus de détails, l’intégralité du webinaire peut être visionnée ici (en anglais) :

La plupart des universités du pays ont annoncé que les cours d’été – et dans plusieurs cas ceux de l’automne également – seront offerts en ligne. Cet événement a pour but d’échanger entre étudiant.e.s en situation de handicap (ÉSH) et professionnels du milieu sur le sujet.

Structure de l’événement : Introduction par Frank (NEADS), présentations par Yanick et Gilda (AQEIPS), suivi d’une période de questions et réponses et des échanges avec les participant.e.s (ÉSH, enseignant.e.s et conseiller.ère.s de partout au pays.)

Objectif de la discussion : échanger sur la situation, identifier les meilleures pratiques et les difficultés et discuter les approches des différentes provinces.

Question pour les participant.e.s : comment vivez-vous cette crise ? Comment vous sentez-vous en ce moment ?

Les participant.e.s ont fait part de leurs expériences. Certain.e.s ont dit que leurs familles, leurs collègues, leurs ami.e.s et leurs étudiant.e.s leur manquaient. D’autres ont parlé de devoir s’adapter à travailler autant de la maison. Il y a un désir d’en apprendre davantage sur comment améliorer les connections virtuelles. Plusieurs ont exprimé leur gratitude pour la technologie et pour le fait qu’elle nous permet de rester connecté.e.s, mais d’autres trouvent que l’apprentissage en ligne les « démasque » comme ÉSH ou simplement comme étudiant.e.s qui ont de la difficulté à s’adapter à l’environnement virtuel. Beaucoup ont exprimé leurs inquiétudes quant à l’effet que cette crise a et aura sur notre santé mentale collective. De nombreux enseignant.e.s et conseiller.ère.s ont dit que plusieurs étudiant.e.s qui les contactent se sentent très accablés et vivent plus d’anxiété et ces professionnels doivent faire plus attention que d’habitude pour ne pas absorber ce stress.

Un interprète ASL a mentionné que le contact visuel qui fait partie intégrante de l’interprétation n’est plus possible pour le moment. Les interprètes ont l’impression d’interpréter dans le vide.

Pour les étudiant.e.s qui commencent de nouveaux programmes en ligne c’est très difficile. Beaucoup ont souligné que les systèmes de gestion et d’enseignement en ligne ne sont pas entièrement accessibles.

Nous avons fait une présentation sur la santé mentale basée sur la formation pour les milieux de travail développée par la Commission de la santé mentale du Canada.

Avec la crise, plusieurs d’entre nous sentent que notre santé mentale est affectée. C’est difficile en ce moment d’être actifs socialement et plusieurs d’entre nous se sentent isolé.e.s, ce qui rend les choses plus difficiles. Nous avons partagé des ressources pour aider les gens et NEADS a rappelé aux participant.e.s qu’ils ont des rendez-vous hebdomadaires sur Zoom, des cafés virtuels du vendredi après-midi, donc si les gens ont besoin de parler, ils peuvent y participer.

Il a été dit que la COVID est une crise de santé mentale, parce que beaucoup de gens se sentent isolé.e.s ou stressé.e.s. Certaines personnes ont perdu leur emploi ou une partie de leurs revenus et c’est difficile de planifier pour l’avenir.

Tenter de comprendre les états émotionnels des gens est utile pour cerner le contexte dans lequel se trouvent les étudiant.e.s/profs/personnel impliqué dans les cours à distance.

Il y a des soucis de compatibilité avec les logiciels d’accessibilité (p. ex. Read and Write Gold). Par exemple, lors d’examens en ligne, plusieurs logiciels utilisent des programmes qui verrouillent l’ordinateur, ce qui parfois bloque les fonctions/programmes d’accessibilité. De plus, les enseignant.e.s conçoivent souvent leurs cours en présumant que les gens peuvent entendre ou voir (p. ex. avec l’utilisation des vidéos sans descriptions ni sous-titres).

La situation est difficile pour la motivation. Nous devons nous adapter à tellement de changements. Certains ÉSH trouvent les cours en ligne plus accessibles, d’autres moins. Les cours qui à l’origine n’étaient pas destinés à être dispensés en ligne peuvent être difficiles pour les étudiant.e.s parce que le changement a été très soudain. Une étudiante a dit que : « C’est un processus d’apprentissage de travailler avec ces systèmes que nous n’avons jamais utilisés auparavant. »

Un participant a dit : « Nous devons penser aux handicaps et aux besoins d’accès des enseignant.e.s et des gens qui conçoivent les cours. À quel point tous ces systèmes sont-ils conçus pour être accessibles ? À quel point est-ce accablant pour le personnel enseignant, y compris pour les personnes sous-payées pour tout ce travail supplémentaire qu’ils ont fait pour s’assurer que leurs étudiant.e.s y aient accès ? Et qu’en est-il des gens qui ne sont pas en mesure de faire ce travail supplémentaire ? C’est vraiment un important problème systémique. »

Certaines questions qui ont été soulevées : Qu’est-ce qui change dans vos établissements alors que nous passons de situation de crise à un état soutenu de « nouvelle normalité » ? Y a-t-il des ressources qui sont redistribuées pour offrir davantage de formation aux enseignant.e.s pour les aider à créer des programmes en ligne plus accessibles sans se sentir accablés ? La réponse est qu’il y a des formations en ligne sur comment offrir des cours en ligne, mais très peu semblent prendre en compte l’accessibilité.

À ce sujet, il a été dit : « Absolument, vous constatez qu’il y a peu de formation sur la conception universelle et c’est vraiment quelque chose qui doit être considéré comme une dimension de l’espace d’apprentissage relationnel et de la présence de l’apprenant.e dans les environnements en ligne et ça devrait vraiment être quelque chose pour lequel tous les profs reçoivent du soutien. Certaines écoles avec de grands centres de ressources d’accessibilité ou d’enseignement et d’apprentissage ont parfois cet avantage, mais de manière fonctionnelle, trouver le temps, la patience, l’espace mental en tant que professeur dans un environnement qui ne priorise pas ces choses dans ce système basé sur le mérite du corps professoral signifie que c’est quelque chose qui reçoit moins d’attention. » C’est pourquoi l’AQEIPS travaille à l’élaboration d’ateliers sur le sujet. Restez à l’affut !

Nous avons parlé de ce que les divers établissements faisaient pour accommoder les étudiant.e.s vivant avec différents types de handicap et nous avons constaté qu’il y a plusieurs approches.

QUESTION : Quelles seraient des pistes de solution pour faciliter les cours à distance pour les ÉSH ?

Nous nous rendons compte maintenant que des cours qui existent depuis longtemps et qui ont toujours causé certaines difficultés posent des défis pour un plus grand nombre d’étudiant.e.s depuis qu’ils ont été déplacés en ligne.

Toutefois, une participante a dit : « C’est intéressant de constater que les choses sont DEVENUES plus accessibles pour certains d’entre nous vivant avec des conditions de santé chroniques ou certains handicaps (crises, ne pouvant pas quitter la maison parfois, etc.). Avant on nous disait que nous ne pouvions pas atteindre les objectifs d’apprentissage de cette façon; maintenant que tout le monde doit atteindre les objectifs d’apprentissage de cette façon, il y a plus de créativité et plus d’ouverture pour permettre aux gens de déterminer comment faire ça. »

Une assistante spécialiste en technologie d’une université d’Edmonton a dit : « Le plus gros problème c’est que les étudiant.e.s ne savent pas quelle plateforme les enseignant.e.s vont utiliser, donc ils et elles ne savent pas à quoi s’attendre. Les étudiant.e.s devraient savoir en avance que ce que planifient les enseignant.e.s (p. ex. cours synchrones (en direct) en ligne, tout basé sur des projets, etc.) Si les établissements pouvaient s’entendre sur un modèle pour que les étudiant.e.s sachent à quoi s’attendre, ça aiderait énormément. »

Un participant a dit : « Notez que la plupart des ressources ne prennent pas spécifiquement en considération l’accessibilité ou n’incluent pas les processus d’innovation en matière de design avec la participation des enseignant.e.s ou des apprenant.e.s en situation de handicap. » De plus, il y a très peu qui se fait pour inclure des éléments de la « conscience du traumatisme » dans la conception des cours dans le contexte de la pandémie, bien que certains types de cours, comme les cours qui se penchent sur les réalités des Autochtones qui prennent généralement cette approche et encouragent les apprenant.e.s à s’y présenter « tels qu’elles ou ils sont », y compris des anxiétés potentiellement accrues, ou des réalités générales de la vie, afin que l’espace d’apprentissage soit plus adaptable. Il pourra ainsi y avoir des synergies vraiment intéressantes entre l’enseignement accessible et l’apprentissage en ligne et les innovations en matière de développement éducatif pour les cours sur les connaissances autochtones qui seront mis en ligne.

Une étudiante a ajouté : « Je viens de suivre un cours de Savoirs autochtones en travail social pendant l’hiver, et c’était vraiment bien parce que ça reconnaît les réalités d’un.e étudiant.e en ligne et les façons dont la technologie a un impact sur l’expérience d’apprentissage, dans une discussion sur la façon dont la société influence comment nous apprenons. Le Center for Indigenous Pedagogy à Laurier fait du travail important et aurait peut-être des choses pertinentes à contribuer à cette discussion. »

Une coordinatrice en apprentissage expérientiel accessible dans le département de Carrière et apprentissage expérientiel de l’Université Thompson Rivers en Colombie-Britannique qui enseigne la gestion de carrière a dit : « J’ai récemment offert un webinaire sur le recadrage de la productivité et sur des astuces pour rester sur la bonne voie lorsqu’on travaille et étudie de la maison. Cela s’inscrit dans une perspective de conception universelle et tient compte du fait que nous sommes tous en train d’apprendre et travailler de manières différentes en raison de cette crise. »

Selon une autre participante : « Pour revenir à la question sur les solutions potentielles, j’ai constaté que les étudiant.e.s que je soutiens bénéficient du soutien d’une personne qui parcourt les sites web des cours pour les aider à naviguer les sites pour mieux comprendre ce qui se passe dans chaque cours. Chaque enseignant.e utilise les sites web des cours différemment et ça peut être difficile de naviguer sur chaque site pour savoir qui fait quoi, quand, comment (Zoom, chat en ligne, autre). »

À la fin nous avons partagé des liens et des numéros de téléphone pour des ressources de soutien en santé mentale de partout au Canada (voir PowerPoint dans la vidéo).

Ci-dessous se trouve une liste des différentes ressources qui ont été partagées par les participant.e.s au cours du webinaire pour aider les enseignant.e.s à planifier des cours en ligne.

RESSOURCES pour aider les enseignant.e.s à planifier des cours en ligne :

Accessible Campus website : https://accessiblecampus.ca/tools-resources/educators-tool-kit/course-planning/accessibility-in-e-learning/

TELUQ : https://www.teluq.ca/site/etudes/clom/enseigne-a-distance.php?fbclid=IwAR0Me1KewHdaaS_a29buDeFsiIBPkqDd5FiQNQbgjXjWR2rp5O3_ehjwHuU

keepteaching.ca

Podnetwork.org

Un cours offert à Dalhousie sur le sujet : https://www.dal.ca/news/today/2020/04/03/online_design_and_delivery_course.html

Site web de l’Université Laurier (voir la section Accessible Learning Online) : https://students.wlu.ca/academics/support-and-advising/accessible-learning-centre/index.html